Comment protéger ses équipements de chauffage et climatisation en hiver ?

Une pompe à chaleur travaille surtout l’hiver, une climatisation surtout l’été. Les deux passent la saison froide dehors, et la question qu’on nous pose dès octobre est toujours la même : faut-il la couvrir ? Réponse courte : non si elle fonctionne, oui avec précaution si elle est à l’arrêt. Voici le détail, et les quelques gestes qui comptent vraiment.

D’abord, quel appareil avez-vous ?

Une pompe à chaleur air-eau ou air-air en mode chauffage tourne tout l’hiver, souvent plus qu’en été, et elle a besoin d’aspirer de l’air froid, y compris par -10 °C. Une climatisation réversible utilisée pour chauffer est dans le même cas. Seule une climatisation « froid seul », arrêtée d’octobre à avril, est réellement à l’arrêt.

La règle qui évite toutes les erreurs
Un appareil qui fonctionne ne se couvre jamais. Un appareil à l’arrêt peut être protégé, à condition que la protection ne retienne pas l’humidité.

Ce que l’hiver fait vraiment subir à l’unité

Le givre sur l’échangeur est normal : l’appareil le fait fondre lui-même par cycles de quelques minutes, le ventilateur s’arrête, on voit parfois un nuage de vapeur. Ce n’est pas une panne. La neige, elle, pose problème quand elle s’accumule devant ou derrière : elle bouche l’aspiration, l’appareil force, puis se met en sécurité.

L’eau de dégivrage coule sous l’unité. Quand elle gèle au sol, elle forme une plaque de glace qui monte au fil des semaines ; une unité posée directement au sol peut finir avec le bas de l’échangeur pris dedans. Les feuilles mortes d’automne se logent entre l’unité et le mur, exactement là où elle aspire. Et en bord de mer ou le long d’une route salée, l’humidité chargée en sel attaque les fixations et le châssis.

Les cinq gestes qui comptent

  • Dégager l’arrière et le dessus avant l’hiver. Feuilles, nid, pot de fleurs collé au mur : c’est de là que l’unité aspire. Un coup de balai et un contrôle en novembre.
  • Surélever une unité posée au sol. Vingt à trente centimètres sur un support ou des équerres murales, pour que la glace de condensats ne remonte pas et que la neige n’obstrue pas l’aspiration. C’est un petit chantier pour un installateur, et le geste le plus rentable de cette liste.
  • Après une chute de neige, dégager au balai souple. Jamais de pelle contre les ailettes, jamais d’eau chaude sur l’échangeur.
  • Une consigne stable. Une pompe à chaleur n’aime pas les à-coups : monter la température par paliers sollicite moins le compresseur qu’un passage brutal de 16 à 22 °C.
  • L’entretien annuel par un professionnel, à l’automne. Filtres, pressions, cycle de dégivrage, raccords. Au-delà d’une certaine charge de fluide frigorigène, un contrôle d’étanchéité périodique est obligatoire ; votre installateur sait si vous êtes concerné.

Ce qui est normal en hiver, et ce qui ne l’est pas
Normal : un nuage de vapeur pendant quelques minutes, une flaque sous l’unité, un bruit de régime qui change au moment du dégivrage. Pas normal : un givre épais qui ne part jamais, des dégivrages toutes les vingt minutes, un bloc de glace sur l’échangeur. Dans ce cas, on appelle.

Housse, bâche, cache : ce qui protège et ce qui abîme

La housse ou la bâche

Uniquement sur une climatisation à l’arrêt tout l’hiver. Et encore : une bâche étanche fermée en bas retient l’humidité, l’unité transpire dedans, la corrosion s’installe et les rongeurs y font leur nid. Si vous couvrez, prenez une housse respirante, laissez le bas ouvert, et retirez-la avant la remise en route. Sur une pompe à chaleur qui fonctionne, jamais : mise en sécurité assurée, et un compresseur qui n’apprécie pas.

Le cache ajouré

Il fonctionne toute l’année, pompe à chaleur en marche comprise, parce qu’il ne ferme rien : la façade est ajourée, le dessus est à claire-voie, l’arrière laisse l’aspiration libre. Soyons précis sur ce qu’il fait et ne fait pas. Il ne met pas l’unité à l’abri de la neige qui tombe, puisque le dessus est à claire-voie et doit l’être. Il la protège des chocs, de la grêle et des branches qui arrivent de côté, des feuilles poussées par le vent, et il empêche qu’on colle un vélo ou une poubelle contre l’échangeur, ce qu’on voit régulièrement sur les photos qu’on reçoit.

Arrière ouvert du cache en teck laissant l'aspiration de l'unité libre
L’arrière du cache est ouvert : l’unité aspire librement, neige ou pas.
Dessus à claire-voie du cache en teck pour laisser sortir l'air chaud
Le dessus est à claire-voie : l’air rejeté, et la vapeur des dégivrages, s’échappent par le haut.

L’auvent ou pare-neige

Si vous êtes en montagne ou dans une région à vraies chutes de neige, un petit auvent posé au-dessus de l’unité, à cinquante centimètres au moins, est la seule protection réelle contre la neige qui tombe. C’est l’installateur qui le pose, et un cache n’en tient pas lieu.

Solution Pompe à chaleur en marche Clim à l’arrêt Ce que ça protège Le risque
Bâche étanche Jamais Déconseillé Rien d’utile Condensation, corrosion, rongeurs
Housse respirante Jamais Oui, bas ouvert Poussière, feuilles L’oublier à la remise en route
Cache ajouré Oui Oui Chocs, grêle latérale, débris, objets collés Aucun s’il est bien dimensionné
Auvent, pare-neige Oui Oui Neige qui tombe Le coût, la pose par un pro

Et le bois, en hiver, ça tient ?

Le teck, oui : ses huiles naturelles empêchent l’eau d’entrer dans les fibres, donc rien ne gèle à l’intérieur et rien ne fend aux cycles gel-dégel. C’est ce qui lui donne ses 25 à 30 ans dehors sans traitement. Le pin traité tient aussi, mais il grise et se fend, et la lasure est à refaire. Le PVC devient cassant en dessous de -5 °C et casse à la grêle. Le composite et l’aluminium passent l’hiver sans problème, l’alu étant simplement glacial au toucher.

Quand le cache n’est pas la priorité

  • En montagne ou en zone de neige régulière : l’auvent d’abord, le cache ensuite.
  • Une unité posée au sol dans une zone où il neige : la surélévation d’abord. Un cache par-dessus une unité prise dans la glace ne sert à rien.
  • Une unité collée au mur, sans dégagement à l’arrière : le cache aggraverait l’aspiration. On déplace ou on surélève avant de penser à habiller.

Ce qu’on rappelle à chaque commande passée en automne

Le cache ne dispense pas de surélever une unité posée au sol là où il neige. Si la vôtre est dans ce cas, réglez ça d’abord, cache ou pas.

Le nôtre se pose au sol autour de l’unité ou se fixe au mur, attaches fournies, si elle est sur équerres. Dans les deux cas il ne touche pas l’échangeur et laisse l’arrière ouvert sur 10 cm. Un doute sur votre configuration ? Une photo et vos trois mesures, on vous répond sous 24 h.

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